S U M M E R_L E A V E S_____
C H A P I T R E_S I X_____
_____Aujourd'hui était une journée plutôt calme pour moi. Je n'avais qu'à peine deux heures de cours. Uniquement deux heures, et une après-midi de libre. Ce qui me perturbait et ne me plaisait pas, était que nous n'avions le droit de rentrer à l'internat qu'a partir de dix-sept heures. Ce qui me laissait très exactement six heures et trente minutes devant moi. Le verdict était sans appel ; j'allais horriblement me faire chier en cette superbe journée. Surtout que j'allais probablement me retrouver seul. C'était démoralisant. Les deux meilleurs amis -Jon et Spencer- iraient sûrement je ne sais o, faire je ne sais quoi, tandis que mon nouveau petit ami avait cours. Je n'avais pas très bien compris pourquoi d'ailleurs. Simplement parce qu'il avait d'autres options que moi et qu'il les avait justement aujourd'hui. Alors en résumé je ne serais qu'avec lui pendant une heure. Quelle tristesse. Et pour couronner le tout, j'avais malheureusement réussis à arriver en retard à ma première heure de cours de la matinée. Félicitation Ryan. Et à votre avis, c'est grâce à qui ? Tous les matins, à la même heure, notre surveillant passait dans chaque chambre pour vérifier que tout le monde soit bien debout. Le problème avait été que ce matin, mon surveillant personnel avait apparemment trouvé mieux à faire. Il n'était pas venu dans ma chambre - la seule fois où je ne m'étais pas réveillé - et j'étais persuadé qu'il l'avait fait exprès, en représailles contre moi. Spencer, lui, avait sans doute pensé des choses beaucoup plus importantes que de réveiller gentiment son colocataire avant de partir rejoindre son meilleur ami. Par conséquent, je venais de trouver une idée de ce à quoi j'allais m'occuper en cette journée. Profitant de la récréation que j'avais après mes deux heures de cours, je me dirigea vers le bâtiment de l'internat et y pénétrai. Plus précisément, je me précipitai au bureau de l'accueil dans le hall, où je savais pertinemment que j'allais y trouver la personne que je cherchais.
J'avais eu raison. Il était bel et bien là, dos à moi. Assis sur la chaise de bureau, en train de chanter -si on peut appeler ça comme ça- et de se dandiner et se tortiller dans tous les sens au rythme de la musique qu'il écoutait. Au moins il n'écoutait pas de la mauvaise musique, tant mieux. Je me postai dans l'encadrement de la porte déjà ouverte et souriais bêtement en le voyant ainsi. Et dire qu'il est en train de se taper la honte, c'est pire qu'amusant. Le pauvre petit choupinet. "Je te dérange, peut être ?" Arquais-je un sourcil. Il se retourna et fit un bond lorsqu'il s'aperçut que c'était moi. "Oui, se précipita-t-il de dire. En fait non, rectifia-t-il. C'est surtout que théoriquement tu n'as pas le droit d'être ici" "Je sais" Lui répondis-je. Mais je n'en avais strictement rien à faire. J'allais où je voulais et quand je le voulais, moi aussi. "Je passais juste te dire bonjour" Expliquais-je. Ce qui n'était pas totalement vrai. "Alors bonjour, répondit-il froidement. Maintenant tu dois t'en aller" Rien à faire. "Pourquoi tu n'es pas venu ce matin ?" Enchainais-je directement. Je méritais une explication, non ? Il soupira lourdement. "Disons que j'avais moi aussi envie de m'amuser" se justifia-t-il sans grande conviction. C'est ce que je disais. Quel crétin. Et après il se plaint qu'il peut avoir des problèmes. "Parce que tu trouves drôle de me voir arriver en retard par ta faute" M'énervais-je. "Oui, beaucoup" Ria-t-il. Retenez-moi de ne pas le frapper. On dirait vraiment qu'il se fou de ma gueule parfois. Tout ça parce qu'il est surveillant, qu'il à de l'autorité sur nous dans ce putain de bahut il se croit capable de tout faire et plus fort que tout le monde. N'importe quoi. Il avait aussi souvent le don de m'énerver celui là. Sa supériorité ici était quelque chose que je détestais. Et notre petit jeu, aussi innocent soit-il, devenait je dire de plus en plus ambiguë au fil du temps. La sonnerie annonçant la reprise des cours retentit. Je fermai la porte derrière moi m'appuyai contre celle ci. "J'ai une classe à surveiller. Il faut que j'y aille" Me signala-t-il. Inutilement, je décidai de jouer un peu avec lui. "Désolé mais ta classe attendra encore un peu" Le bloquais-je en fermant la porte avec la clé qui était resté dessus. Il s'approcha dangereusement de moi, me suppliant du regard de lui ouvrir. Ce dont je n'avais évidemment pas la moindre envie. Il avait voulu s'amuser, alors ça allait être le cas. "Ryan, c'est bon. Fait pas l'enfant !" Quoi ? "L'enfant ?" Non mais j'hallucine, il se prend pour qui pour me dire ça ! Énervé, je rouvris la porte, lui lançai la clé en plein visage, et lui claquai la porte au nez. Je me dirigeai le plus vite possible vers le bâtiment du lycée. Alors comme ça je n'étais qu'un enfant à ses yeux. Bien sûr. Là il m'avait réellement énervé, et il l'avait cherché. Qu'il ne vienne plus se plaindre ou je ne sais quoi d'autre. Mais par manque de chance pour moi, il me rattrapa alors que j'avais à peine eu le temps de descendre les quelques marches se trouvant devant l'internat. Ses doigts entourèrent mon poignet pour m'arrêter. "Écoute Ryan, si tu m'en veux pour ce matin alors désolé. Ça n'arrivera plus, promis, mais parle-moi" S'excusa-t-il. "Je m'en fou de tes promesses" Lâchais-je. S'il croyait m'avoir comme ça. "Alors qu'est ce que tu veux ?" S'énerva-t-il à son tour. "Tu n'avais pas une classe à surveiller ?" Lançais-je en évitant sa question. Il leva les yeux au ciel et m'exposa tout un charabia dont je n'écoutai absolument rien. Je ne voulais même plus prendre la peine de l'écouter. Il l'avait mérité après tout. De toute manière ça n'aurait servi strictement à rien à part peut être perdre mon calme encore une fois, et je ne le voulais pas. Je me retirai de son emprise et m'éloignai de lui. Connard.
Comment détruire littéralement une journée. Rien n'allait aujourd'hui, et si ça continuait comme ça j'allais réellement péter un câble. A peine fus-je en route pour le lycée, que mon portable vibra dans la poche de mon pantalon. Ils ont tous décidé de me pourrir la vie ou quoi ? Sans même regarder de qui provenait l'appel, je décrochai. En même temps, je me rendis compte que le surveillant était à nouveau à côté de moi. Je rêve, c'est ça. "Allo ?" Répondis-je en m'arrêtant. "Ryan, fit la voix au téléphone, c'est Alex. Je te dérange ?" Alex, mon merveilleux meilleur ami resté à Las Vegas. Je n'avais pas eu l'occasion de lui parler depuis la fin des vacances. Cela fait au moins une bonne nouvelle finalement. A moins qu'il ne m'annonce justement une mauvaise nouvelle lui aussi. "Alex, m'enthousiasmais-je. Non pas du tout, ça me plaisir de te parler" Lui répondis-je tout en faisant signe au surveillant de s'en aller. Il avait toujours sa classe à surveiller, non ? Et à ma grande surprise, pour une fois, il m'obéit et rentra dans le lycée. "Comment ça va ?" Demandais-je à mon meilleur ami. "On fait aller. Mais c'est surtout pour toi qu'il faut dire ça. Ça se passe comment à Denver ?" "On s'habitue, riais-je. Mais en fin de compte j'aime bien être ici" Avouais-je. Sans parler de certaines choses, mais de façon générale ça me plait. Et je n'ai plus mon père sur le dos au moins. "C'est mieux que je ne le pensais en tout cas" Ajoutais-je. Surtout pour un lycée censé être catholique et privé. Sincèrement, ça aurait pût être largement pire que ça. "Tant mieux alors. Et les mecs sont comment là-bas ?" Ria Alex. Dois-je lui dire, ou non ? Si je le fais il va se mettre à hurler et me détruire l'oreille. Oui, il m'a déjà fait le coup. "Comme si ça t'intéressait" Répondis-je. Il était cent pour cent hétérosexuel, alors je ne voyais vraiment pas ce que ça pouvait lui faire. "Ben c'est surtout pour toi que je dis ça. Raconte tout à tonton Alex" Je riais. Je ne m'en étais pas rendu compte jusque là, mais sa joie de vivre et sa bonne humeur constante m'avait bien manqué. "T'es con tu sais ?" "Assurément. Aller je veux savoir !" Grogna-t-il, me faisant encore rire. J'adorai ce mec, sincèrement. Ce n'étais pas pour rien que nous étions amis depuis notre plus jeune âge. "D'accord, mais évite de me crier dans les oreilles alors" J'avais l'impression de retomber en enfance avec lui. C'était fantastique. Il émit un bruit de gorge en signe d'approbation et je lui racontai. "Je sors avec un mec" Avouais-je. Comme j'aurai du m'en douter, il se mit à hurler au téléphone et je dût même éloigner celui ci de mon oreille. Il était fou. "Oh my god mais c'est génial !" Continua-t-il. "Alex, tu m'avais promis" Le suppliais-je pour qu'il se calme ne serait-ce qu'un peu. Je n'étais pas (encore?) sourd. "Excuse-moi. Alors je veux tout savoir sur lui" plaida-t-il. "Ben... tu te souviens de Brendon ?" Demandais-je. "Comment aurais-je pût l'oublier alors que j'entendais parler de lui tous les jours ?" Ria-t-il. C'est vrai. J'étais niais et idiot côté sentiments amoureux. "Mais c'est quoi le rapport avec lui ?" Demanda-t-il. "En fait, il est ici. On est dans la même classe et il est aussi à l'internat. Et on sort ensemble" Expliquais-je. Le hasard avait bien fait les choses, pour une fois. Même si c'était difficile à croire. "Tu me fait une caméra cachée ou quoi ?" S'étonna-t-il. "Non je t'assure. Il est complètement différent d'avant" Me justifiais-je. "Alors il est gay aussi ?" Difficile à croire mais oui. "Oui, mais c'est compliqué. Et puis ça ne te regarde pas !" "D'accord, mais j'ai tout de même le droit de m'intéresser à ce que fait mon meilleur ami, non ?" Évidemment. Lui ne se gêne jamais pour les questions personnelles en plus. "Dans les limites de la vie privé, oui" Assurais-je. Il ria. "Alors, quand est ce que tu reviens a Vegas. Tu me manques tu sais ?" Déclara-t-il. C'était rare de l'entendre dire ça. Même si nous savions que nous tenions l'un à l'autre, nous ne le disions jamais. C'était surprenant de sa part, mais j'étais heureux. "Aux prochaines vacances, j'espère. Ça dépendra de mon père" grimaçais-je. "Je comprends" fit-il sachant pertinemment comment était mon paternel. Tout dépendait de lui. Soudain, j'entendis une espèce de sonnerie à travers le téléphone et Alex sembla faire je ne sais quoi. "Shit. Je dois te laisser. Faut que j'aille en cours moi, pas comme certains" Ah, la sonnerie des cours. Pauvre Alex. Et puis pour une fois que c'était moi qui n'avait pas cours. "Petit con, va " Plaisantais-je. "A bientôt" Ria-t-il. Je raccrochai. Mon dieu que j'aimais ce gars. Lui aussi me manquait énormément, et j'avais hâte de retourner à Vegas pour le voir. Cela faisait des années que nous étions ainsi inséparables tous les deux. Lorsque je lui avait annoncé que je partais, j'avais très bien vu que ça n'allait pas même s'il me disait le contraire. Il n'avait jamais sût mentir. Surtout pas à moi. Mais comme je le disais il connaissait bien mon père et savait qu'il ne changerait jamais d'avis. Il avait fallu faire avec.
Brutal retour à la réalité. Je repris mon chemin vers le lycée et y entrai à contre-c½ur. Il faudrait vraiment que je trouve des occupations pour mes heures de libre. Je m'engagea au premier étage pour essayer de trouver un coin tranquille, mais à la place tombai sur Spencer. Le plus étonnant était qu'il se trouvait seul. Aucun Jon à l'horizon. "T'as perdu ton meilleur ami ?" Me moquais-je stupidement. Il grimaça et ne me répondit pas. Cool comme ami. Un silence s'installa et mon colocataire se mit à rougir au fur et à mesure, tout en regardant autour de lui comme s'il cherchait quelque chose. Je ne comprendrais jamais ce gars, je crois. "Qu'est ce qui se passe ?" Lui demandais-je finalement. J'en avais marre qu'il me cache sans arrêt des choses. "Rien, je..." il fit une courte pause et reprit. "Je dois aller voir Jon" Me dit-il timidement. Bien sûr, j'aurais dût m'en douter. Je soupirai. "Tu veux savoir pourquoi je suis toujours avec lui, c'est ça ?" Devina-t-il. "C'est ta vie, pas la mienne. Tu en fait ce que tu veux" Lui répondis-je faussement. Je n'étais pas doué non plus pour mentir. "Je sais que tu t'inquiètes pour moi" Lança-t-il immédiatement. "Et je voudrais te dire que tu n'as pas de raison. Jon et moi on fait de la musique. Moi à la batterie et lui à la basse. On essaie de jouer des trucs potables. C'est pour ça que je passe un peu de temps avec lui" Se justifia-t-il. Mouais, mais tout ça ne lui prenait pas tout son temps. Je voulais bien le croire sur cette occupation, mais je savais que pourtant il ne me disait pas tout. "D'ailleurs, il parait que tu joues de la guitare, c'est vrai ?" Fit-il en changeant de sujet. "Il parait. C'est Brendon qui t'as dit ça ?" Voulu-je savoir. Je n'avais joué de la guitare que devant lui encore. "Jon. Rectifia-t-il. Il vous a vu au parc" La poisse. Alors en toute logique ils allaient être tous les deux au courant de que je sortais avec Brendon. "Ne t'inquiètes pas, me rassura t-il en devinant ce à quoi je pensais. Votre secret le restera" Assura-t-il. Je le remerciai. Comment est ce que j'allai dire ça à Brendon ? Lui qui voulait que personne ne soit -pour l'instant- au courant de rien. Spencer et Jon étaient des personnes de confiance, c'est sûr, mais quand même. Mais après tout, ce n'était pas de ma faute. C'était simplement Jon qui nous avait surpris ce jour là, rien d'autre. Personne ne pouvait rien contre ça. Maintenant, il ne restait plus qu'à m'occuper de Spencer. Je veux dire, de l'autre partie de son secret. Jouer sagement de la musique n'était pas la seule explication, et je finirai par le découvrir. Car ce n'est sûrement pas ça qui les mettait parfois dans de tels états. "Spence, je sais que ça ne me regarde pas, mais tu me diras un jour ce que vous faites d'autre de si intéressant ?" Le questionnais-je. "Tu sauras juste que ça nous arrive de boire où de nous défoncer parfois, mais c'est tout. Ryan, je t'assure que ça va. Tu ferai mieux de t'occuper de Brendon au lieu de nous" Me sourit-il. très bien. Alors puisque je ne dois pas m'en faire pour eux, qu'ils se débrouilles. Ce n'est pas contre eux, évidemment, mais qu'ils ne viennent pas me voir pour je ne sais quel problème par la suite. Mais après tout, il avait aussi raison. C'était sa vie ; il en faisait ce qu'il en voulait. ce n'était pas mes affaires.
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_____Il était tard. La nuit était tombée depuis un certain temps déjà, et l'air commençait à se faire frais. Je frissonnai au manque évident de chaleur. Quelle folie de traîner en t-shirt par ce temps aussi. Je venais de passer mon après-midi et ma soirée entière à faire secrètement la tournée des bars les plus proches d'ici. J'avais eu atrocement besoin de me détendre, voir même de me défouler. Les deux revenaient un peu au même au final. J'avais, entre autre, voulu essayer de penser à autre chose qu'à ce qui s'était passé ce matin même, avec le surveillant. D'ailleurs, je ne connaissais même pas son prénom. Depuis le temps, ça en devenait pathétique, non ? Ce gars me perturbait trop et il m'était impossible de ne pas penser à lui, pour quoi que ce soit. Il fallait toujours que les choses en reviennent à lui. En ce qui concernait Brendon, et donc mon actuel petit-ami, je ne l'avais pas vu depuis tôt ce matin. Je n'avais même pas prit la peine de le rejoindre pendant son heure de libre, ni même à la fin des cours. Était-ce cela un petit-ami digne de se nom ? Sûrement pas. Parfois je me dégoutais. Je soupirai. Quel con j'étais. Finalement, je me décidai de rentre à l'internat. Le diner était déjà passé depuis longtemps, et mon surveillant me ferait encore la morale un bon moment mais ne ne m'en souciais pas. Je ne me souciais plus de rien à l'heure actuelle. Je montai les deux étages machinalement. La porte de la chambre du surveillant était ouverte. Je me postai discrètement dans l'encadrement de la porte et l'observai. Il était assis sur son lit, sa tête entre ses mains, comme s'il semblait inquiet. Il était beau. Je restai là un long moment, sans même qu'il ne me remarque. Finalement, quelques garçons sortirent dans le couloir et le bruit alerta le surveillant qui tourna automatiquement sa tête vers la porte moi. "T'es enfin là" Remarqua-t-il en se levant. "Alors c'est à cause de moi si tu es si inquiet ?" Arquais-je sourcil. Il rougit. "En tant que surveillant je suis responsable de toi" Affirma-t-il. Toujours les bonnes excuses. "Mais si c'est ce que tu veux savoir alors oui j'étais inquiet" Avoua-t-il. Je souris et fermai la porte derrière moi avant de m'appuyer contre celle ci. "Je suis là maintenant" L'informais-je. Je n'étais pas si idiot. Je me doutais qu'il allait encore me faire une remarque sur mon absence, alors j'étais spécialement venu le prévenir que j'étais rentré. Il s'approcha de moi. "Tu sens l'alcool" "Ça t'étonne ?" Répondis-je. "Je suis désolé, s'excusa-t-il. Pour ce matin, et pour tout. C'est juste qu'entre nous ça a toujours été... ambiguë et amusant et que... Il s'arrêta et secoua la tête. Dieu, il me fait quoi là ! "Que quoi ?" Soufflais-je en me rapprochant encore plus de lui. Ses yeux brillaient. "Je ne veux pas que ça change, Ryan. Mais maintenant tu as Brendon et je vois bien que tu me déteste" Sans plus attendre, je m'approchai encore et déposai mes lèvres sur les siennes un instant. Alors il aimait vraiment la façon dont j'agissais avec lui ? Ce n'était qu'un jeu innocent à la base, mais je crois que ça devenait beaucoup plus sérieux au fil du temps. "Je ne te déteste pas. Au contraire" Le rassurais-je. Je n'ajoutai rien d'autre et le laissai seul, afin de rejoindre ma propre chambre. Lorsque j'y entrai, un sourire aux lèvres, Spencer lisait tranquillement un livre sur son lit. Plutôt étonnant venant de lui. Je ne fis pas plus attention à lui et allait directement me coucher dans mes draps froids, sous son regard étonné. Super, comme ça nous étions étonnés l'un de l'autre. "Toi aussi tu t'es mis à t'amuser ?" Me demanda-t-il. "Pourquoi cette question ?" "Tu sens l'alcool à trois kilomètres. Ne le nie pas" Je soupirai. Comme s'il pouvait me le reprocher. Ça serait plutôt le monde à l'envers dans ce cas. "C'est vrai. Sauf que je n'ai pas de leçons à recevoir de toi" Assurais-je. Il soupira à son tour mais ne répondit rien. A la place, il ferma son livre et éteignit la lumière.